Salon des micro-entreprises : interview de Tom van der Bruggen, patron fondateur de Kapla

Publié par Romain Biard
12 octobre 2011 | Permalien | | TrackBacks (0)
Dans le cadre du salon des micro-entreprises où nous étions invité, nous avons pu participer à une interview exclusive donnée par Tom van der Bruggen, patron fondateur des jeux pour enfants Kapla à quelques blogueurs. L'occasion de revenir sur le parcours atypique de ce dirigeant d'une PME au succès mondial.


Tom van der Bruggen, comment vous est venu l'idée de Kapla ?


Tom van der Bruggen - Etant enfant, je voulais être châtelain. Je voulais avoir une belle propriété dans laquelle recevoir des artistes, des musiciens, des écrivains et discuter avec eux tout en me promenant dans le parc de celle-ci.
Malheureusement, on ne devient pas châtelain comme ca. J'ai donc commencé par être antiquaire, tout en gardant ce rêve en tête.
A l'âge de 25 ans, j'ai vendu mon commerce d'antiquités en Hollande pour acheter un château en France, mais je n'en avais pas les moyens. J'ai donc décidé de le faire construire. A l'époque, on ne faisait pas encore appel à des architectes pour ce type de projets. J'ai donc dessiné moi-même les plans à l'encre de Chine. 
Pour mieux sentir les volumes, j'ai également eu envie de pouvoir jouer avec des cubes de bois. Mais tout ce que je trouvais était trop massif. Par ailleurs, je me suis vite rendu compte que le cube était la plus mauvaise forme qui soit, car elle ne permet pas l'imbrication. J'ai donc eu l'idée de créer moi-même des planchettes de bois à partir de chutes.
Puis, je me suis aperçu avec le temps que pour faire un casse-tête, il fallait que la taille de la planchette soit unique. C'est comme ça qu'est né Kapla en 1987.


Quelles sont les difficultés que vous avez rencontré dans cette entreprise ?


TvdB - Peu après le lancement de Kapla, je me suis aperçu que j'avais du succès auprès de publics où je m'y attendais le moins, c'est à dire des artistes, des musées, de la presse, des institutions. Mais j'avais le plus grand mal à susciter l'intérêt des commerçants alors que l'intérêt me semblait évident pour eux. 
J'ai donc été obligé de vendre mon château en 89 pour continuer à financer mon entreprise.


Comment une entreprise comme Kapla, dont le produit de base est particulièrement simple, innove-t-elle pour survivre dans un marché du jeu pour enfant qui est très concurrentiel ?


TvdB - L'objectif n'est pas pour nous d'avoir le plus gros chiffre d'affaire possible, ou une croissance exponentielle. Nous préférons défendre notre marge et créer un mouvement humain autour de la marque.
Tant que les consommateurs seront satisfaits de notre produit, nous continuerons à le produire. Nous sommes cependant en train de travailler à un nouveau jouet.


Peut-on envisager une transposition de Kapla dans le monde virtuel pour s'adapter à l'émergence des nouvelles technologies ?


TvdB - Je n'ai rien contre les nouvelles technologies, et je n'exclus pas a priori cette idée. Cela dit, je trouve que le toucher, le son, l'odeur sont importants et j'aurais du mal à m'en passer.


Quelle est pour vous la définition de la réussite ?


TvdB - C'est dur à dire. J'ai réussi à atteindre le rôle aristocratique que je recherchait. J'ai chez moi une pièce avec un piano qui me sert à organiser des concerts de musique classique et dans laquelle je peux recevoir jusqu'à 120 personnes. Je fais par ailleurs du mécénat pour un festival de musique et j'essaye d'aider quelques artistes à se lancer.
Pour moi la réussite c'est de réaliser ses rêves. La réussite c'est également des rencontres.


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Tom van der Bruggen, le 11.10.2011 au salon des micro-entreprises. Crédit photo : Romain Biard


Quel est pour vous l'avenir de Kapla ?


TvdB - Nous sommes en train de lancer une déclinaison en 8 couleurs. Jusqu'à maintenant nous avions souhaité conserver la texture initiale des Kapla.
Il y aura notamment du rose et du fuschia pour faire suite à la demande d'une maman qui trouvait dommage de ne pas pouvoir acheter les Kapla dans ces couleurs pour sa fille.
Nous éditons également des livres, de beaux livres. Nous en avons déjà publiés 7 et d'autres pourraient venir.


Comment faites-vous pour faire comprendre à vos actionnaires, vos investisseurs que vous n'êtes pas dans une démarche de rentabilité à tout prix, mais plutôt dans une démarche de satisfaction du client ?


TvdB - L'objectif d'une entreprise n'est pas de gagner de l'argent. Gagner de l'argent, c'est juste une obligation pour continuer à jouer. Le but de l'entreprise ce doit être autre chose.
C'est un discours d'autant plus facile à tenir dans mon cas que je suis propriétaire à 100% de mon entreprise.


Tom van der Bruggen, merci.

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1 Commentaire

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Bien le merci pour ce partage de découverte,d'informations, d'expériences et participations indépendantes au salon des micro-entreprises 2011 Palais des Congrès Paris 17e.Bonne continuation...

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